La fondation Abbé Pierre rend aujourd'hui son 15e rapport sur l’état du mal-logement en France. Et comme chaque année, le constat est accablant : 100 000 personnes sans domicile fixe, 3,5 millions de mal-logés et 6,6 millions dans une situation de «réelle fragilité» face au logement, cumulant souvent les impayés ou les retards dans le remboursement d’emprunt. Au total,
dix millions de personnes sont touchées par la crise du logement
Une taxe sur les logements vacantsA la faiblesse de la construction s’ajoute l’inadéquation de l’offre, avec des loyers souvent trop élevés pour les ménages.
«On manque de logements sociaux… Et au lieu de soutenir la construction, on baisse les subventions… C’est quand même hallucinant», se désole Christophe Robert.
Au chapitre des préconisations, la fondation propose
«d’imposer dans tout programme immobilier de plus de 10 logements un quota minimum de 30% de logements à loyers accessibles.» Et de généraliser la taxe sur les logements vacants, expérimentée dans huit agglomérations. Le bilan d'étape est encourageant: le nombre de logements vacants a baissé dans les huit villes cobayes de 20 à 40% contre 8,5% en France entière.
Autre mesure pour assainir le marché : encadrer la hausse des loyers entre deux locations.
«Aujourd'hui, quand vous restez dans le logement, la hausse annuelle du loyer est limitée en fonction de l’indice des références des loyers. Bien. Mais quand l’appartement se libère, là, le propriétaire peut augmenter son prix librement. Même s’il n’a pas fait de travaux. Il n’y a aucune limite», souligne Patrick Doutreligne, délégué général de la fondation.
Exemple (valable notamment dans les quartiers étudiants) : «
si le locataire change chaque année, le loyer a tendance à doubler en l’espace de douze ans. En revanche, il ne progresse que de 33% si le locataire n’a pas changé pendant la même période.» D’où l’idée de la fondation Abbé Pierre, inspirée de nos voisins allemands : encadrer les loyers de relocation en les calant sur l’indice de référence des loyers